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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:47

 

11 novembre, histoire

d'une commémoration nationale

 

armisticeA la onzième heure du onzième jour du onzième mois de la cinquième année de guerre, les armes se sont tues. Un armistice signé dans un wagon placé dans la clairière de Rethondes a mis fin à ce que l'on nomme depuis 1915 la Grande Guerre. Dans les premiers jours de novembre 1918 les auto- rités allemandes ont fait savoir qu'elles désiraient négocier un armistice. Le 5, le centre de radio-télégraphie de la Tour Eiffel a reçu le texte de cette demande. Le 7, les plénipotentiaires allemands passent les lignes du front pour rejoindre le général en chef des armées alliées, le général Foch. La rencontre est fixée dans un wagon-restaurant aménagé en bureau pour l'état-major de Foch en septembre 1918.

ArmisticetrainLa forêt de Compiègne, sur des voies de chemin de fer utilisées pour les tirs à longue portée offre un endroit discret et accessible. L'abdication de Guillaume II (dernier empereur allemand et dernier roi de Prusse) le 9 novembre accélère la prise de décision et le 11 novembre vers 5h20 le cessez-le-feu est signé pour une durée de 36 jours. Le texte impose aux futurs vaincus la cessation des hostilités sur terre et dans les airs six heures après la signature et l'évacuation des pays envahis comme deux principales mesures.

Place de l'Opéra à Paris, manifestation populaire à l'annonce du cessez-le-feu, le 11 novembre 1918 à 11 h

L'annonce du cessez-le-feu sur le front, par sonnerie de clairon, donne naissance à des scènes d'émotion, de fraternisation, d'immense soulagement. Les soldats n'osent y croire. La nouvelle à peine connue, la liesse populaire s'empare des populations urbaines. Mais cette liesse, visible sur les documents photographiques et filmés ne doit pas tromper. Plus que la joie de la victoire, c'est le soulagement qui est ainsi exprimé à la fin d'un conflit particulièrement meurtrier.

Dans l'après-midi, vers 16 heures, Georges Clémenceau se rend à la Chambre des députés pour présenter les conditions d'armistice. Après de longues minutes d'applaudissements d'une chambre débout, le Président du conseil, ministre de la guerre, lit la convention signée le matin même. Le « père la victoire » devient en ce jour le soldat de l'idéal et peut proclamer «...en cette heure terrible, grande et magnifique, mon devoir est accompli... ». La fin de la guerre efface le débat politico-militaire qui avait cours pendant les jours précédents la signature : Fallait-il continuer le combat ? Le soulagement est ressenti partout en Europe occidentale.

 

P1010102Une mise en mémoire originale

 

En 1919, le onze novembre est commémoré à sa date dans une discrétion relative. L'année a été marquée par une immense manifestation, le défilé de la victoire, le 14 juillet autour de l'Arc de triomphe et sur les Champs-Elysées. D'autre part le 2 novembre, le premier jour des morts depuis la fin de la guerre est commémoré par les familles. Les autorités ont tenu à ces commémorations familiales, recueillement de communautés en deuil, dans un esprit consensuel.

En 1920, la République qui fête son cinquantenaire donne véritablement naissance à une commémoration à dimension nationale.

Une invention commémorative, proposée dès 1916 par le président du Souvenir français, décidée par le Parlement en 1918 se met en place: la célébration du soldat inconnu, héros anonyme d'une Nation, représentant du peuple des soldats, « le fils de toutes les mères qui n'ont pas retrouvé leur fils... » selon le général Weygand. Le lieu d'inhumation fait débat. De nombreux républicains proposent le Panthéon pour faire de tous les Poilus à travers un seul le grand homme auquel la Patrie se doit d'être reconnaissante. L'Arc de triomphe n'est choisi qu'à la suite d'une campagne de presse. Les commandants des différents secteurs militaires durent exhumer le corps d'un soldat assurément français non-identifié dans un endroit tenu secret. Le 10 novembre huit cercueils sont placés dans la citadelle de Verdun, haut lieu de la résistance de l'armée française en 1916 et champ de bataille par lequel presque tous les régiments français sont passés selon l'organisation des roulements mise en place par le général Pétain. Le soldat désigné étant tombé malade, le choix définitif du corps fut offert « par hasard » à un jeune soldat de vingt-et-un ans, engagé volontaire, originaire de Normandie, Auguste Thin, du 132ème régiment d'infanterie, dont le père avait disparu dans les combats du fort de Vaux et qui fut lui-même gazé en Champagne en 1918. En présence du ministre des pensions André Maginot, en additionnant les trois chiffres de son régiment, le jeune soldat choisit le sixième cercueil.

Les cérémonies du 11 novembre 1920 associent l'ensemble des morts pour la France depuis la Révolution française dans une continuité saisissante. Le cercueil élu fut transféré vers Paris et passa la nuit Place Denfert-Rochereau, en mémoire du défenseur de Belfort lors du conflit de 1870. Le lendemain matin le cortège fit un arrêt au Panthéon pour recevoir les hommages de la Nation lors d'une allocution de Poincaré au pied d'un bâtiment qui accueillit en même temps une châsse contenant le cœur de Gambetta. Puis le cortège se rendit vers l'Arc de triomphe traversant Paris devant une foule immense. Déposé dans une chapelle ardente du monument, le soldat inconnu ne fut inhumé que le 28 janvier 1921. A l'Arc de triomphe, le soldat inconnu rejoint ceux de la Révolution française, ceux du premier Empire, ceux des conquêts coloniales, mêmes soldats citoyens portant au-delà des frontières les valeurs de la France des Droits de l'Homme. Deux années plus tard le 11 novembre 1923, André Maginot, lui-même ancien combattant mutilé, alluma la flamme pour la première fois au son de la marche funèbre de Chopin.

 

L'hommage aux morts

 

Pour autant, le 11 novembre n'était pas encore un jour férié. Le combat des anciens combattants allait durer encore deux ans pour faire de ce jour une journée entièrement dédiée à la commémoration de leurs camarades morts, disparus mais aussi commémorer les sacrifices de tous ceux qui étaient rentrés. Le Parlement, trouvant que le nombre de jours fériés était déjà trop important refusa, discuta, ergota. Les associations d'anciens combattants finirent par décider députés et sénateurs à voter le 24 octobre 1922, le caractère chômé et commémoratif de la journée..

Dans les années qui suivirent, le 11 novembre trouva sa place comme date mémorielle fondamentale. La seconde guerre mondiale lui donna une dimension nouvelle. Suite aux interdictions prononcées par les autorités allemandes et françaises de procéder à des manifestations commémoratives en 1940, de trois à cinq mille étudiants et lycéens manifestent à Paris. Acte de résistance fortement réprimé avec de multiples blessés et des arrestations, cet événement fut rapidement connu par les résistances extérieures, relaté notamment par Radio-Londres.

Le 11 novembre trouva à la sortie de la guerre une place associant les morts des deux guerres. En 1944, Winston Churchill et le général de Gaulle célèbrent les cérémonies du souvenir dans la capitale d'un pays qui n'est pas encore totalement libéré. L'année suivante, le chef du gouvernement provisoire utilise le 11 novembre pour honorer les morts résistants de la seconde guerre mondiale. 15 Français, hommes et femmes, représentant différentes armes mais aussi des prisonniers, des déportés morts pour la France furent portés le 10 novembre aux Invalides puis le lendemain conduits à l'Arc de triomphe pour présentation à la foule puis au Mont Valérien, leur dernière demeure, comme s'il rejoignaient les morts de la Grande Guerre faisant de cette période 1914-1945 une sorte de guerre unique.

Depuis 1945, les cérémonies du 11 novembre sont mises au service de la mémoire, de la paix et progressivement à celui de la réinsertion dans la Nation de ceux que la mémoire avait exclus, montrant que si ces soldats morts furent unis dans une communauté de destin, ils n'en formaient pas moins un corps social hétérogène unis par des valeurs au nom desquelles ils acceptèrent de se sacrifier pour donner tout son sens à la Nation.

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Vendredi 11 novembre tous les Vincennois étaient invités à participer aux cérémonies organisées par la Ville et les associations d’Anciens combattants en l'honneur du 93e anniversaire de l'armistice de 1918. Une manifestation à laquelle a participé le comité de Vincennes/Fontenay-sous-Bois de la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur afin de rendre hommage à la mémoire des 1 170 Vincennois "morts pour la France".

La cérémonie a débuté à 10h30 au monument aux morts du Cimetière ancien puis s’est poursuivie à 11h30 au Monument du combattant vincennois, cours Marigny, en présence de Laurent Lafon, conseiller régional et maire, de nombreux élus et personnalités civiles et militaires.

Les enfants de la chorale du collège Saint–Exupéry, ainsi que des membres du Conseil municipal des enfants étaient présents aux côtés de militaires du 16e bataillon de chasseurs que parraine la Ville.

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Un 11 novembre en hommage

à tous les soldats «morts pour la France»

 

Après la disparition des derniers poilus de la Grande Guerre, les cérémonies du 11 novembre ont marqué ce vendredi l’hommage aux soldats «morts pour la France» sur tous les fronts, avant l’inauguration par Nicolas Sarkozy du nouveau musée consacré à 1914-1918, à Meaux.

La proposition d’honorer, à l’occasion du 11 novembre, la «quatrième génération du feu» - après celles de 14-18, 39-45, de l’Indochine et de l’Algérie - a été prise par le président Sarkozy, à la demande notamment des associations d’anciens combattants.

«Cela permet de montrer qu’il y a une filiation entre tous ceux qui sont morts pour la France, pour ses valeurs. C’est la commémoration de cette mémoire», souligne Marc Laffineur, secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants.

Vendredi après-midi, le chef de l’Etat a inauguré à Meaux le Musée de la Grande guerre, qui rassemble une exceptionnelle collection de 50 000 objets et documents.

Il se recueillera ensuite devant la stèle rendant hommage à Charles Péguy à Villeroy, village de Seine-et-Marne où l’écrivain et homme politique fut tué le 5 septembre 1914 au début de la bataille de la Marne.

L’inauguration du Musée de la Grande guerre est le premier événement marquant qui s’inscrit dans le cadre des célébrations actuellement à l’étude pour le centenaire, en 2014, du Premier conflit mondial.

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Docteur Jean-Claude Martin

Président du comité Vincennes/Fontenay-sous-Bois

de la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur

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